Charles Bukowski: Bob Dylan (poème)  posté le jeudi 22 mars 2007 22:18

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                                                                         BOB DYLAN 

 

 

 

 

 



ces deux jeunes
dans l'impasse en face de chez moi
ils passent Bob Dylan
jour et nuit
sur leur stéréo

ils montent le son de leur stéréo
au maximum
et c'est une très bonne
stéréo

tout le voisinage
entend Bob Dylan
gratuitement

et c’est moi qui l’entends le plus
gratuitement de tous
parce que j'habite dans l’impasse
juste en face de chez eux

j'entends Dylan quand je chie
j'entends Dylan quand je baise
et même quand j’essaie de m’endormir

quelquefois je les vois
dehors sur le trottoir
très jeunes bien soignés
quand ils sortent pour aller s’acheter
de la bouffe
et du papier hygiénique

ils forment un des couples
les plus charmants
du voisinage.

Revue « The Starscrewer »No 8 ,1978

Traduction L. Suel

 

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DYLAN HEARS A WHO  posté le dimanche 04 mars 2007 18:08

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Un site interessant concernant des parodies de Dylan et quelques pièces maîtresses avec mp3's à télécharger:

Track Listing:

Oh, The Things You Can Think! [Like A Rolling Stone]
Green Eggs & Ham [Tombstone Blues]
Miss Gertrudge McFuzz [Ballad of a Thin Man]
McElligot's Pool [?]
Too Many Daves [Worried Blues]
The Zax [?]
The Cat in the Hat [Visions Of Johanna]

Mise en ligne par un artiste anonyme sur internet, le 25 Février 2007, ces chansons parodiées semblent étrangement imiter Dylan à l'occasion, l'orgue Hammond en prime (Mises en circulation à l'occasion du 50ème Anniversaire de The Cat in the Hat's  de Dr Seuss).

http://www.dylanhearsawho.com/

 

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Revue de Modern Times:Bob Dylan  posté le vendredi 02 mars 2007 14:45

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MODERN TIMES: BACK PAGES OF DYLAN

 

 

"A chaque effondrement de preuves le poète répond par une salve d'avenir"René Char, Fureur Et Mystère.

 

La sortie du 44ème  opus du Zim ne présageait rien de bon, ce 28 Août 2006, parmi les oracles. 

Certains s'attendaient à un 11 Septembre bis (« Love & Theft sorti le 11/11/2001 »), un nouveau cataclysme de sacs d'os humains («  Tweedle Dee & Tweedle Dum » ) . 

Voici que celui -ci s'apparente comme une sorte de Best-Of généalogique des influences de Dylan, un recueil de chansons rétrospectives, ainsi qu'une exploration primitive de la musique américaine. 

Disque de la nostalgie ?  

"There's no nostalgia on this record, pining for the past doesn't interest me": dixit Dylan. 

Non plus expérimental comme il était mentionné lors des sessions de travail de Janvier 2006 dans l'Etat de New-York. 

 

THUNDER OF THE MOUNTAIN:  

Une ballade rockabilly bien rythmée, avec une mélodie circulaire. Dylan se pose en observateur, du haut de sa montagne, digne de la Comédie Humaine de Balzac. L'étonnement jubilatoire qui surprend l'auditeur par la présence d'Alicia Keys, pour mieux sans doute critiquer de façon sarcastique la musique moderne.  

Ainsi il fait le bilan des relations personnelles et de la société (« J'ai les côtes de porc, elle a le pâté en croûte »), de l'après 11 Septembre (« All the ladies of Washington scrambling to get out of town ») et sa peur générale (« Looks like something bad gonna happen, better roll your airplane down »), fait allusion à la chute des Twins Towers (« There's a ruckus in the alley », « rolling like a drum....rolling to the ground », « the power is down »). 

Peuplé de références bibliques, Dylan y mêle son expérience mystique et religieuse, « I've sucked the milk out of a thousand cows » soit « J'ai sucé le lait d'un millier de vaches » par allusion au veau d'Or ?  

L'attente sage et sereine de la mort (« I've already confessed - no need to confess again") et le désir de fuite pour échapper au désordre, conséquence de la politique de Bush (« Everybody's going and I want to go too ») pour retourner à une vie simple et tranquille: "Gonna go up north...i'll plant and i'll harvest what the earth brings forth...the hammer's on the table, the pitchfork's on the shelf".Là Dylan devient un Zadig de premier plan, mieux vaut cultiver son jardin.

 

 

SPIRIT ON THE WATER: 

Un swing vintage et romantique assez sucrée de 8 minutes hantée par la voix de Bing Crosby.8 minutes pour dégrafer le corsage de ta copine dans une Cadillac rose. Hum ! Dans tes rêves ! 

Sorte de « Bridge OverTroubled  Water » de Simon & Garfunkel assez dylanien. Dylan promène son visage momifié (« I'm pale as a ghost »).La proximité de l'âme- soeur malgré l'éloignement («You're always on my mind...I can't stay away ») et le peu de temps qu'il lui reste, il faut en profiter («  We can have a whoppin' good time »). 

On remarquera un vers assez troublant ("I can't go back to paradise no more/I killed a man back there"): Je ne peux pas retourner au paradis/J'ai tué un homme là-bas.  

Etrange, s'agit t-il d'Abe Zimmermann, son père ou Mike Bloomfield ? Les questions demeurent et les réponses évasives.

 

 

ROLLIN' AND TUMBLIN': 

Un cover-blues traditionnel oscillant entre Eric Clapton et Muddy Waters avec un titre emprunté à ce dernier. 

Mais aussi  une chanson style Sun Records chère à Sam Phillips qui défriche en long et large l'autoroute 61(Highway 61).Une reférence à Henry Timrod, poète de la Guerre de Sécession, quoique légèrement empruntée («Well, the night's filled with shadows, the years are filled with early doom »). 

Avec ces vers scandés comme un mantra de Ginsberg, il chante le fait d'être célèbre et la perte des êtres chers («I got troubles so hard, I can't stand the strain »). 

Rancunier amoureux, il fustige sa relation: "Some young lazy slut has charmed away my brains", une putain de feignasse lui a chamboulé la tête, et jure de ne plus en toucher. 

Curieusement la rythmique entraînante rappelle «Maggie's Farm » style Newport 1965, l'année de son sacrifice folk.

 

 

WHEN THE DEAL GOES DOWN: 

La donne se fera, le Joker abat ses cartes: la destinée christique, le prix du divorce, le Jardin Des Délices. Le style est philosophique, dans son approche susurrée, en parfaite connexion de « Every Grain Of Sand ». Une ballade romantique emplie de spiritualité, oscille entre la douleur et la compassion envers l'autre. Beaucoup de métaphores sur la sagesse («Each invisible prayer is like a cloud in the air ») posent des questions sur la raison de vivre (« Nous vivons et mourrons, sans savoir pourquoi ») et l'importance de l'autre («I owe my heart to you, and that's sayin' it true »).

 

 

SOMEDAY BABY : 

Un country-blues ou boogie-woogie graveleux et une excroissance de « Love & Theft ». Significatif de la complainte de l'amant trahi et la complication des relations (« You drive me so hard, almost to the grave »).Une chanson discrète mais pas authentique.

 

 

WORKINGMAN'S BLUES #2 : 

Une perle, suite de celle écrite par Merle Haggard. Il fait l'analyse de la vulnérabilité du travailleur, du smicard, de la classe prolétarienne. Un honky-tonk presque larmoyant plante le décor dans une de ces cités minières dont le Zim est né et a grandi. 

Dylan s'offusque de la prise de la matérialité sur la spiritualité et les goûts simples, un quasi frère de « Tell'Ol'Bill », un Woody Guthrie comtemporain (« They say low wages are a reality/If we want to compete abroad »). 

T'as plus d'argent, ta femme se barre ! Prends un nouveau costume et une nouvelle femme.

 

 

BEYOND THE HORIZON :

Dans la lignée de « Spirit On The Water », ballade à la Leon Redbone en laid-back,marquée par le désir et le désespoir, elle est simpliste (« Beyond the horizon, the sky is so blue/I've got more than a lifetime to live lovin' you »).

 

 

NETTIE MOORE : 

Chanson traditionnelle en écho aux eaux du Mississipi avec ses métaphores issues du blues : Yellow Dog,  un vers de Blind Lemon Jefferson tiré de « See That My Grave Is Kept Clean ». 

Elle préfigure un désastre (« Winter's gone, the river's on the rise »).

 

 

THE LEVEE'S GONNA BREAK : 

Le constat blues de « Nettie Moore »,  l'apocalypse et la dévastation de la Nouvelle-Orléans («      Some of these people gonna strip you of all they can take »). Des gens à peine la peau sur les os vont lutter et te dépouiller pour survivre.

 

 

AIN'T TALKIN' : 

Ballade bluesy et le sommet de l'album d'une durée de neuf minutes, la plus audacieuse dont les paroles claquent au vent. Avec une première strophe accomplie :  

"As I walked out tonight in the mystic garden
 The wounded flowers were dangling from the vine
 I was passin' by yon cool crystal fountain
 Someone hit me from behind." 
 

Et toujours la perte de la spiritualité au détriment du matérialisme («I practice a faith that's been a long abandoned »). Il prend son bâton de pèlerin pour poursuivre sa quête (« Ain't talkin', just walkin' »), par opposition à « Love Sick » ; il marche, entend et vois mais il parle pas et marche c'est tout. Parle de ses visions apocalyptiques : les roues s'envolent, les villes sont des porcs, les chevaux sont aveugles... 

 

Dylan n'en finit plus de nous étonner, bien qu'à 65 Ans et toujours présent dans les charts américains et européens, il a encore à donner comme celui d'un Socrate moderne ou d'une encyclopédie vivante de la culture, capable à la manière d'un Picasso de nous subjuguer.

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